"> ');


Les 21ème Rencontres Vidéo en Santé Mentale de La Villette ont pu se dérouler cette année du 17 au 19 novembre 2021, après qu’elles aient été annulées en 2020 pour les raisons que l’on connait. Un des intérêts majeurs de cet événement est de donner la parole et des moyens d’expression aux usagers de la Psychiatrie, et bien souvent, soignants et usagers se confondent et créent ensemble des productions très porteuses, révélatrices de multiples compétences insoupçonnées parfois. On lance des perches !
Avant la participation de l’ESPSM de Metz-Jury pour la première fois en 2018, seules trois productions avaient pu être sélectionnées par les organisateurs de ces rencontres, tant ce type d‘atelier est rare en France en pédopsychiatrie.
Depuis 2018 (et donc sur trois de ces manifestations), Jury a pu présenter six films réalisés par des enfants ou des adolescents.
Cette année, deux adolescents, 3 films.
Le premier jour A., 16 ans, a présenté ses deux films d’animation. Il venait pour la seconde fois, et répondait à un engagement qu’il avait voulu prendre en 2019, après la diffusion de son film intitulé «Le Marchand de Plumes ». La thématique qu’il avait choisie en 2019 était celle de la pédocriminalité. Cette année, A. revenait sur des thématiques plus légères. Le premier film,
« J’ai oublié le Titre », mettait en scène un personnage confus et malchanceux. Le second,
« Proverbes et Expressions », illustrait le langage courant pris au pied de la lettre, avec des mises en images correspondantes et drôles. Interviewé seul sur scène et devant un public amusé par ces courts-métrages, A. a pu les commenter et se présenter avant tout comme quelqu’un de créatif, et expressif.
Quand j’ai raccompagné A. et sa famille après l’interview, celle-ci manifestait spontanément sa pleine satisfaction par rapport à l’effet très porteur de ce type d’atelier, et de cet aboutissement permis par les Rencontres de la Villette.
Le second jour, B., 15 ans, présentait « La Mode », film légèrement critique sur la thématique du même titre. Réalisé pendant le confinement, ce film lui permettait de « relativiser » (dixit B.).
Extrait de l’interview :
Le thème de la Mode vous est venu parce que c’était le confinement ?
On m’a dit que je devais faire un film au CMP, je me suis dit, je vais donner mon avis, partager ça avec d’autres gens, pour essayer d’aller mieux .
Et donc, au final ?
Ben au final, oui, ça va mieux, j’ai plus confiance en moi, tout ça !
A la fin des Rencontres Vidéo en Santé Mentale, Tim Greacen, chercheur en sciences humaines et santé mentale, est remercié par un des organisateurs Daniel Simonet pour son implication dès le
début des Rencontres, en 1999. Tim Greacen répond : « Je n'ai pas fait ça pour toi, j’ai fait ça pour l’Ile de France, pour la France, car quand même : donner la parole aux usagers de la psychiatrie, aux gens qui vivent un trouble psychiatrique, à leurs proches !… Donnez-leur la parole, en création, en filmant, en créant des histoires, c’est ça l’avenir, c’est peut-être la solution, enfin ! Donc, c’est à vous de bosser, produisez des films, s’il vous plait ! tous les jours, toutes les semaines, produisez des films, c’est vachement important ! ».